Les Petites Histoires de…

Les Petites Histoires de…

Librement inspiré de la Triste fin du petit enfant huître et autres histoires
de Tim Burton

Création 2018

NOTE D’INTENTION
La triste fin du petit enfant huître et autres histoires, de Tim Burton, me fascine depuis toujours. Il interpelle notre mémoire collective et nous laisse un champ d’ouverture à la réflexion que l’on soit enfant ou adulte.

Chacune de ces histoires, pas plus longues qu’une dizaine de vers, est écrite de manière monstrueuse, presque triste mais avec une bonne dose d’humour noir.

Les personnages sont presque tous des figures enfantines ou assez minuscules et minimalistes qui nous rappellent le monde de l’enfance. Ce monde de l’enfance ici n’est pas monochrome mais polymorphe, le monde adulte n’est jamais loin.

Ce travestissement – car il s’agit de cela- est justement le propre de l’univers de Tim Burton, où tout est échangé, déplacé et où se mêle en même temps et sur le même plan le noir et la couleur, la cruauté et la tendresse, le goût du macabre et de la poésie, à tel point que l’on arrive plus à les dissocier, ce qui fait la beauté de ces histoires.

Ces petits contes aigres doux, nous plongent sans prévenir dans un monde complètement déjanté. Mais derrière les histoires surréalistes de l’enfant momie où de l’enfant huître se cache souvent une piquante critique de nos travers d’êtres humains.

Le fil conducteur de ces poèmes est l’évocation d’une marginalité qui commence dès le plus jeune âge. Que l’on soit un enfant huître, que l’on ait un brie de chèvre à la place de la tête, des clous dans les yeux ou des ordures en guise de chair, le mal s’incarne tout le temps au même endroit : dans le regard des autres. Et c’est bien cela qui m’intéresse. Aborder ces thématiques auprès d’un public jeune. Leur ouvrir un chant de réflexion sur la diversité.

Je souhaite m’emparer de ces codes pour les détourner sur un plateau. Je souhaite mettre en mouvement ces personnages, leur donner une vie en prenant l’essence de cette critique pour en faire une résonance dans le quotidien. Il ne s’agit pas de recréer l’univers de Tim Burton sur un plateau mais de prendre l’essence même de ces contes pour en faire une œuvre contemporaine en tant que telle.

Pas de dessins sur le plateau ni d’extraits de film, mais un corps, celui du danseur qui racontera le malaise et le fait d’être différent dans un monde où cette différence a du mal à cohabiter. Car dans le monde de Tim Burton il s’agit bien de cela.

J’ai décidé de partager cette aventure avec Kettly Noel, Kaori Ito, Anthony Egea. Cela permettra de parcourir une diversité d’expressions chorégraphiques. Chaque conte dans ce premier volet aura une durée de 15 mn, donnant vie à des miniatures chorégraphiques, comme les lignes poétiques de chaque histoire de ce recueil. Le résultat sera celui d’un éventail avec des écritures chorégraphiques aux couleurs très différentes, en passant du contemporain au hip hop…

Je défends dans ce projet la nécessité d’une forme courte et légère, qui non seulement respecte l’esprit du conte mais facilite aussi la réception par un large public. Dans un univers décalé, cynique, ironique, poétique, chaque solo mêlera cruauté et tendresse, macabre et poésie. Nous donnerons vie, à cette étonnante famille d’enfants solitaires, étranges et différents, exclus de tous et proches de nous, qui ne tarderont pas à nous horrifier et à nous attendrir, à nous émouvoir et à nous faire rire.

A destination de la nouvelle génération, avec la diversité chez l’enfant comme thème principal, ces miniatures chorégraphiques se livrent aussi bien aux adultes qu’aux jeunes avec un univers décalé, poétique, contemporain.

Emilio Calcagno

DOSSIER A TELECHARGER ICI